Reporters Sans Frontières, RSF, a publié son Rapport sur la liberté de la presse dans le monde. Et une récente réunion de la COMINA (Commission Ouverte Innovation Numérique et Audiovisuel) et de la COMPI (Commission Ouverte Propriété Intellectuelle) a montré l’intrusion de l’IA dans les métiers et les produits audiovisuels. Une sorte de tenaille semble se refermer sur la liberté de la presse. Mise à mal par les pressions politiques et économiques, RSF constate que la liberté de la presse décroît dans la majorité des pays membres de l’ONU. Des expériences récentes conduites avec succès, par exemple par Netflix produisant un film totalement IA, permettent désormais de remplacer l’humain et ses actes par le virtuel et ses algorithmes. Ces deux constats interpellent directement les journalistes et les producteurs de médias. Outre les « fake news », la presse se trouve désormais confrontée à une hypothèse crédible : des articles rédigés par l’IA, des documentaires réalisés par l’IA, des médias produits par l’IA. C’est, sans jeu de mots, un méta-défi !
Le CLIC prend position :
Préserver l’humain et la liberté aussi bien dans la presse que dans les métiers audiovisuels constitue un impératif primordial à la pérennité de la démocratie, à moins d’accepter l’émergence de pouvoirs dictatoriaux ou totalitaires. Pour établir la cohabitation obligée entre l’humain et le virtuel, nouvelle obligation pour maintenir la liberté de la presse, la France doit montrer le chemin en établissant des régulations strictes, en priorisant l’éducation aux médias et à l’IA pour tous, en mettant en œuvre une obligation de discernement public entre une production IA et une production humaine.
Le chantier aurait dû être ouvert voici plus de vingt ans, mais il est encore temps d’agir si l’on veut un monde humain en se souvenant du précepte de Rabelais : science sans conscience, n’est que ruine de l’âme.