Le 22 avril, le CLIC reçoit Alain Bauer à propos des Mots de Trump. Un déjeuner "off" qui entre directement dans les sujets traités par le CLIC.
Vous pourrez lire dans la nouvelle rubrique Libres Propos, un article de Christian Frémaux, avocat honoraire,. Cet article traite des élections municipales. Il aurait dû être publié avant les élections, mais le lire aujourd'hui éclaire à la fois la campagne et les résultats.
La Commission d'enquête du Parlement sur l'audiovisuel public a été marqué par des débats parfois houleux et néanmoins utiles. Pour la première fois, la question de la gestion et du contenu du service public d'audiovisuel était posée de façon directe.
Radio France, France Télévisions, Arte, LCP, France Médias Monde et TV5 Monde composent la galaxie du service public de l'audiovisuel qui, par France Inter et France 2, bénéficie de la plus large audience nationale. C'est un fait qui oblige... Et qui oblige à s'interroger sur la gestion des milliards € utilisés et sur le contenu. Les médias du service public appartiennent aux français qui les financent largement de façon directe et indirecte par leurs impôts, taxes et contributions aux émissions, par exemple via les jeux-sms. Je n'entrerai pas dans une analyse détaillée des budgets du groupe, en revanche je soulignerai le coût très élevé de certaines productions, particulièrement dans le domaine des divertissements qui, parfois, jouissent d'une faible audience. Que le rapporteur de la Commission ait voulu insister sur ce point n'est pas critiquable au fond, s'il l'est dans la forme.
Un service public, par nature et par respect de la laïcité française, doit respecter un engagement de neutralité, d'ouverture à toutes les opinions, un devoir d'information et de service rendu au public. Quitte à chagriner quelques beaux esprits, France 2 ne peut se comparer à TF1 ou France Inter à Europe 1. Évidence ? Elle semble échapper à beaucoup trop de professionnels et experts du secteur. Une mission de service public ne peut entrer dans une logique commerciale à moins de considérer qu'un service public doit réaliser des bénéfices, ce qui conduit à gérer le service public comme une entreprise. Aberration !
Cette réflexion conduit au contenu des diverses et multiples stations composant le service public de l'audiovisuel. L'examen des grilles de programme et le visionnage de nombreuses productions de toute nature m'amène à constater que tous les strates de l'audience sont couverts, des émissions de jeunesse aux débats en passant par l'info en continu et les jeux de connaissance. En revanche, il est permis de s'interroger sur un manque évident d'émissions de service, par exemple sur la consommation, l'école, la sécurité, la vieillesse et autres sujets du quotidien des français. Certes, l'on peut me rétorquer, que les sites web comblent ce manque ou, mieux, que certains programmes répondent à cette exigence, mais par exemple, malgré son talent d'animateur et de producteur, Hugo Clément n'est pas un scientifique et les sujets spectaculaires traités dans ses émissions sont souvent bien éloignés des préoccupations immédiates des français. Les programmes courts de réel service public restent le parent pauvre des programmes et donc des budgets. Là encore, la Commission a permis de mettre en lumière cet aspect de l'audiovisuel public.
Il est important que la France soit dotée d'un service public audiovisuel puissant, de qualité et en équilibre budgétaire. Il ne suffit pas de le proclamer, faut-il encore le mettre en œuvre. Quelques pistes mériteraient d'être étudiées : réduction des coûts de production des divertissements, augmentation des budgets consacrés aux documentaires, production de programmes courts "attractifs" de service public et, évidemment, réexamen du périmètre qui compte, semble-t-il, trop de canaux de diffusion, parfois en doublon. Tentons une configuration réduite : France Inter, France Info, France Culture. Mouv' se justifie-t-il encore face à l'emprise des plateformes ? Fusionner Mouv' et France Musique serait une voie possible, comme la fusion de France TV Monde et France Médias Monde en une grande chaîne internationale francophone. ICI / France 3 devrait être totalement régionalisé voire localisé avec ICI/Bleu en service public d'audiovisuel régional, le "national France 3" n'ayant plus beaucoup d'intérêt du fait de l'audience cumulée de France Info, France Inter et France Culture. Quant à France 4, quelle est son utilité en service public ? Ou France 5, fort éloignée de la mission originelle définie par Jean-Marie Cavada, qui pourrait être le cœur des émissions de service public ? Un seul exemple : aucune émission est consacrée aux handicaps, à l'exception de L'Œil et la Main qui a fêté ses trente années.
La Commission a évité de poser la question des deux grandes maisons, la ronde pour la radio et le paquebot pour la TV tout en relevant des frais souvent anecdotiques, mais a semblé vouloir justifier une privatisation, partielle ou totale du service public. S'il est nécessaire de restructurer et de mieux gérer le service public, particulièrement en évitant de confier beaucoup de programmes à une minorité de maisons de production qui paraissent abonnées du service public, le service public doit exister. Il en va de la vie citoyenne, de la démocratie et de l'audience internationale.
La guerre en Iran et au Liban relègue au second plan l'invasion russe en Ukraine. Ainsi va le monde des chaînes d'info qui multiplient les "Breaking News" et "Éditions Spéciales". L'impact sur la pompe à essence explique en partie cette profusion, souvent indigeste et injustifiée, d'informations anxiogènes alimentées par des experts qui commentent les commentaires. Quel expert peut se targuer de connaître la stratégie et la tactique des dirigeants américains, ukrainiens, chinois, iraniens, israéliens, libanais ou turcs ? Nous avons suffisamment de mal à comprendre nos propres dirigeants nationaux ou européens, pour montrer un peu d'humilité devant la complexité mortelle de ces guerres hybrides. Des faits patents devraient attirer plus de réflexion, de reportages, de débats ou même de commentaires du fait qu'ils impactent directement la vie actuelle et future des citoyens français et européens. L'invasion russe en Ukraine, un pas de plus vers une extension de la pensée impériale. Les régimes théocratiques totalitaires, influenceurs directs de groupes trotskistes-islamistes dans notre pays. La domination américaine illustrée par la violence du Président Trump dans tous les domaines, un "Maître du monde" qui peut se révéler un danger extrême pour l'idéal démocratique et un modèle d'autoritarisme. Les médias, outre de traiter l'actualité, rechignent à traiter le fond de ces sujets.
Reste le 1er mai ! Fête du travail et du muguet, source d'un débat pichrocolesque. Que des employés de boulangerie, boucherie et autres fleuristes souhaitent travailler en ce jour de fête a provoqué un conflit d'une hauteur de ridicule rarement atteinte. Tous les médias ont couvert à coup d'interviews-trottoir, de reportages, de débats ou d'éditoriaux fumants cette question si fondamentale pour la vie du pays. Je veux bien y voir un symbole, comme l'a asséné Pascal Praud : c'est le symbole d'une France qui ne veut plus travailler ou, variante, une minorité syndicaliste impose sa volonté au Gouvernement. Double symbole, celui de la France qui chute et celui d'un Gouvernement pusillanime. Pourquoi pas ? Simplement, mieux vaudrait être optimiste combattant, que pessimiste défaitiste ! En fait, comme l'a souligné la Présidente de l'Assemblée Nationale, c'est la réalité du défaut de concertation et de considération. Là encore, les médias auraient pu jouer un rôle d'information active : perspective historique, rappel des lois, évolution des modes de vie,... Que nenni ! Le sensationnel et l'émotion l'emportent pour le plus grand bonheur des démagogues qui ont osé chanter la Marseillaise, comme s'ils avaient conquis une barricade de 1871 ! Le ridicule ne tue pas, il abîme.
Joyeux 1er mai, avec du bonheur et des sourires !
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